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Nature d'ailleurs : Népal 2/3, Rendez-vous en terre inconnue chez les Tamangs

Publié le par tytothomas

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17 août, c'est le grand jour !

Départ pour les montagnes... Comme je l'ai expliqué dans le dernier article, un ami grossiste, Francis Longavesne, m'avait emmené dans un magasin de bol chantants à Katmandou et avait demandé si quelqu'un habitait près du Parc National du Langtang. Un garçon de 22 ans, comme moi ça tombe bien, avait répondu oui et accepté de m'y emmener. Francis étant un gros client, le patron a fait un geste commercial et libéré Kaman pour une semaine pour me guider. Au programme, chez l'habitant, en dehors de tout circuit touristique, pour découvrir de l'intérieur la culture Tamang !

 

Levé à 7h, environ 3h en France. Kaman me rejoins à l'hôtel, nous marchons 10 minutes puis montons dans un bus. 30 minutes et on en prend un autre, qui nous emmènera vers Kaule. Je dis bien vers car la route qui y mène est bloquée par un glissement de terrain. Nous savons donc que nous devrons marcher "un peu".

375 roupies népalaises pour 2, vraiment pas cher le bus ici (1€ = 110 roupies).

Le bus part à 9h, retardé par une manifestation... toujours pas de constitution au Népal... à 9h01 je me rends compte que ça secoue, 9h03 j'aurais du prendre un petit déjeuné, 9h04 ça va être long... 9h15, vraiment pas confortable ce bus... on en aura pour 6h. Je me demande parfois comment il roule ce bus. La route est une piste, traversée par des ruisseaux. D'un côté la paroi rocheuse, de l'autre le vide ; partout soit la jungle soit des rizières en étages comme dans un rêve. Je reste bloqué devant ce paysage, le sourire jusqu'aux oreilles. Parfois j'éclate de rire sans raison, juste parce que je me dis "je suis au Népal", ça y est, je réalise vraiment ce qu'il m'arrive. Je quitte les zones à touriste et sens que je vais être transporté complètement ailleurs. Partout des fleurs, des papillons, des oiseaux de toutes les couleurs. Dans le bus du monde partout, assis, debout.. tout le monde est entassé. J'ai de la chance j'ai une place à l'avant, contre la fenêtre, il y fait un peu moins chaud que dans le reste du bus. On a bien fait d'arriver tôt.

Mon gros sac est dans un coffre à l'arrière, mon petit sac contenant tous les objets de valeur est sur mes genous, je préfère ne pas prendre de risque, je comprendrais plus tard que c'est inutile. Les gens sont pauvres ici mais il n'y a pas de voleurs.

Kaman est assis à ma gauche, il ne stresse pas autant que moi à chaque fois qu'on frôle le vide, il a l'habitude, il dort sereinement. A sa gauche une tibétaine d'une quarantaine d'années est assise sur un "siège" improvisé, une sorte de tabouret rajouté dans le couloir central du bus. Vraiment belle, souriante, toujours en train de rire, aux beaux habits colorés d'un pourpre lumineux. Sur ses genoux une petite fille, elle la tient fermement pendant 2h, sans jamais faiblir, et pourtant ça secoue bien. Le bus se vide petit à petit, on a enfin un peu de place pour poser nos sacs au sol sous nos jambes. La petite est un peu malade, je suis à côté de la fenêtre, je la prends donc sur mes genoux pour qu'elle ait un peu d'air pour continuer la route. Déjà plus l'impression d'être un étranger, même si je stresse un peu plus que les autres, notamment quand on passe dans des zones militarisées, jamais agréable de voir des gens en armes, ou également quand on se fait doubler par des cortèges de communistes en moto, drapaux rouges flottant derrière eux, brandissant leurs armes...

Au bout de deux heures on fait une petite pause. Kaman me décrit le paysage, me montre les cultures, c'est bien je comprends bien son anglais, rassurant pour la semaine qu'on va passer. Partout autour de nous des rizières, des ruisseaux qui forment d'impressionnantes cascades. Au bord de la route quelques légumes et plans de cannabis, eh oui c'est aussi ça le Népal, la destination des hippies il y a quelques décennies.

 

Nous reprenons le bus "tata" pour 2 heures de plus. Je préfère dormir (enfin somnoler vu le confort) plutôt que de voir le vide. Et puis on va marcher un peu cet après midi autant profiter puisque je peux me reposer. A 13h on s'arrête, on va manger un peu mais je n'ai pas trop faim, c'est l'heure du petit déjeuner en France. Kaman choisi le restaurant... ça n'a plus rien à voir avec ceux du quartier touristique de Katmandou... Je ne mangerais que du riz, dans le doute. Ici on mange avec les mains.

On se dégourdit un peu les jambes puis on repart pour une heure de bus. On passe sous un immense porche "Bienvenue dans le Parc National du Langtang". Quelques détails me frappent, oui c'est bien un tigre qui est dessiné dessus, et c'est bien un panda roux à côté, des oiseaux multicolores... J'en parle à Kaman, rien à voir avec nôtre Pays de l'Ours où quelques omnivores sans danger pour l'Homme se baladent, ici, c'est le pays du tigre, un vrai prédateur, 70 personnes se font manger chaque année au Népal... Finalement pas sur d'avoir envie de croiser son chemin.

On descend du bus, je mets mon petit sac dans le grand, je me le fixe bien sur le dos, 22 kg de barda mais j'ai l'habitude avec ce sac pas de problème...

On part, puis on traverse un premier pont suspendu, puis un deuxième...

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Photo de mon ami Kaman, c'est moi la petite tâche entourée de vert au milieu du pont.

Le premier bouge beaucoup, les deux cables de fixation sur les côtés, censés empêcher le pont de bouger, sont cassés et trainent dans l'eau. Celui-ci est le second, beaucoup plus stable, mais ça bouge quand même^^.

ça y est ! c'est le début de l'aventure !

Il fait une chaleur étouffante, très humide, pas facile d'avancer mais je me dis que j'ai l'habitude des marches de plusieurs heures en montagne, j'y vais assez régulièrement en France.

Oui, j'ai l'habitude, mais ici il n'y a que des escaliers et le climat n'est pas le même. Au début les marches sont régulières, c'est difficile mais ça va encore.1

ça se complique vite et ça n'arrête pas de monter. En France nous avons des chemins en lacets pour monter, ici, c'est tout droit à la verticale, du début à la fin. Au début des marches régulières en ciment et très vite des escaliers de pierre sèche transformés en ruisseaux.. Au bout d'une heure je vois enfin les maisons, content d'arriver, mais nous ne sommes pas à Kaule.. ça va être long... On fait une grosse pause sous un arbre énorme, il essaie d'appeler des amis et pendant ce temps là je sympatise avec un groupe d'enfants entre 6 et 8 ans. Ils doivent parler 3 mots d'anglais maximum et me les disent en boucle. Puis ils essaient de me parler en népali, je leur répond en français que je suis désolé mais je ne connais que "Namasté". Petite discussion entrecoupée d'éclats de rire dans nos langues respectives. Il faut que je m'assoie là, ils s'assoient tous les 5 à côté de moi. J'arrive à leur faire comprendre qu'il faut m'apprendre le Népali, ils me disent que merci c'est "dandéboat". Au bout de 5 minutes je le prononce presque bien. L'un d'eux mange quelques nouilles sèches, il m'en propose j'accepte pour lui faire plaisir. Erreur, ils courent tous chez eux chercher quelque chose à me donner, tous me tendent quelques nouilles sèches dans leurs mains, j'accepte un petit peu pour leur faire plaisir, on continue à rigoler, à se parler, à se comprendre par des sourires et des regards. Le dernier revient avec un sac plein de bonbons, je veux bien mais là c'est trop, ils n'ont pas beaucoup ça me gène. Kaman arrive et leur traduit que leur geste me fait vraiment plaisir mais qu'ils peuvent les garder pour eux.

On repart, Kaman me dit qu'on a bien avancé, on a fait 50% on arrivera bientôt.

Montée très difficile, je tords 4 fois mon T-shirt, ça coule beaucoup, il ne sèche jamais. Je profite du paysage, vois des oiseaux colorés partout, des sittelles... mais je ne vais pas sortir mon appareil photo de mon sac, 1,5 kg autour du cou ça ne sera pas pratique et je monte là haut pour la semaine. J'aurai tout mon temps. Erreur, Kaule c'est beaucoup plus haut, il y a beaucoup moins d'oiseaux... tant pis.

En une heure on a fait 50% du chemin, une heure après on a fait... 60%. Les maths façon népalaise c'est décourageant pendant la marche...

Plus que deux kilomètres, inutile de vous dire qu'on a fait bien plus que ça.

On marche, on marche et on discute beaucoup, de tous les sujets. Je ne pensais pas parler aussi bien l'anglais, enfin on se comprend bien, on se parle et Kaman devient vite un ami plus qu'un guide.

On est rejoins par un groupe de ses amis et par son frère, Tul. On fait une pause avec eux. J'explique à Tul que j'ai eu un peu peur dans le bus, en voyant le vide à côté, ça le fait un peu rire. Je lui demande s'il y a souvent des accidents... "ça arrive oui mais surtout quand le chauffeur est bourré..." parce qu'en plus ils conduisent bourrés... inquiétant pour le retour !

Je fais quand même quelques photos de paysages pendant les pauses.

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On se met à parler un peu des plantes médicinales, est-ce qu'ils les ont appris,.. non, il n'y a que les vieux qui s'en souviennent, eux sont malheureusement trop souvent à Katmandou, ils ne reviennent ici que 3 ou 4 fois par an. Ca sera un peu la fête aujourd'hui, et en plus c'est la fête des pères !

Ils me parlent d'un champignon ou d'une plante, en symbiose avec une chenille. Je me souviens avoir vu ça à la télé. Il faut absolument que j'en prenne parait-il, ça soigne tout, ça nettoie le corps... C'est assez facile d'en trouver à Katmandou quand on sait où demander, mais c'est interdit... Je demande pourquoi, ça devient trop rare alors c'est protégé. J'essaie d'expliquer que je fais des études d'ingénieur en gestion de la biodiversité et que j'ai des principes. Ces remèdes médicinaux, c'est important que les locaux puissent en prendre comme ils l'ont toujours fait, mais il ne faut pas en vendre aux autres, sinon il n'y en aura plus jamais, pour personne...

Un peu plus tard on s'arrête juste quelques secondes, juste pour écouter qu'il n'y a aucun bruit articifiel, que le chant des oiseaux et des cigales. J'entends un bruit très aigu, comme un disque pour couper le métal, je demande ce que c'est, ce sont les cigales d'ici, spécial^^.

On monte encore, c'est interminable. On refait une pause sur un rocher au bord d'un ruisseau pour manger un peu, ils me tendent un plastique avec un bout de pain de mie dedans, le dernier. Je le mange et mets le plastique dans ma poche, machinalement.

Tout le monde me regarde bizarrement. "Je ne vais pas le jeter par terre". Réponse stupéfiante pour un écologue "Mais là c'est pas par terre c'est une rivière, ça va partir loin". Je me dis à ce moment qu'il va y avoir beaucoup de travail pour changer les mentalités ici, je comprends en même temps pourquoi il y a des tonnes de déchets dans toutes les rivières... Mais là c'est le début du voyage, j'ai encore ma version idéaliste, d'un pays où tout est simple, je comprendrais plus tard que oui, c'est sur, c'est très compliqué de faire 6h de marche et 6h de bus avec un sac poubelle pour amener leurs déchets à Katmandou, où se trouve la seule décharge du pays. On ne peut accuser personne, c'est comme ça ici, c'est peut-être à nous de trouver les solutions pour installer des usines de recyclage et des décharges...

On continue, plus que 200 mètres.

Quelques kilomètres plus tard nous arrivons enfin, après 5h30 de marche à la verticale sur des escaliers. Nous arrivons de nuit, les cigales se sont tues, le ciel étoilé me fascine, c'est le même qu'en France, le même que je vois depuis ma chambre. Oui, aussi loin qu'on soit, c'est le même hémisphère... j'ai beau être scientifique parfois je suis surpris par ces petites choses si évidentes... c'est mon premier voyage en dehors de l'Europe il faut dire.

Très très fatigué je veux prendre une douche, manger, boire et dormir. A peine arrivé je suis déjà envoûté par le charme de cette maison. Je fais connaissance avec les parents, ils ne parlent pas anglais, Kaman et Tul traduisent et on se comprend aussi par les gestes, les regards, ou parfois sans savoir pourquoi mais on se comprend. Tout le monde est adorable ici, je me sens bien dans cette famille. Encore merci à tous ! La mère de Kaman me trouve jeune pour un voyageur. Il y en a rarement ici, au plus un ou 2 sur l'année, souvent aucun, et j'ai à peine plus de 20 ans.

Je demande s'il est possible de prendre une douche... on file au ruisseau, une cascade, un vrai torrent. De nuit on voit peu la pollution et de toute façon j'ai trop besoin de me laver, j'y vais. Bain mémorable, le courant est stupéfiant. Autour de nous des lucioles, mais pas comme chez nous, elles volent et clignotent... Je m'émerveille de tout. Je m'habille, prenant mon temps. "Dépêches toi, c'est pas bon de rester là la nuit, il y a des mauvais esprits". Premier plongeon dans la religion, ça tombe bien, ça m'intéresse. On rentre à la maison et je repense à ce torrent, vraiment rapide, impatient de le voir de jour.

On entre par une terrasse abritée mais ouverte sur laquelle se trouvent les lits, de simples planches sans matelas surélevées d'environ 60 centimètres. On accède ensuite à la plus grande pièce, la cuisine. Foyer traditionnel au milieu de la pièce, c'est tout. Je suis au dessus de tout ce que j'osais rêver, je vais découvrir la vrai vie, la vie d'ici.

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On mange assis en tailleurs sur une natte de riz tissé, parfois de maïs. Beaucoup de riz, quelques légumes très épicés, un bol de lait.

Pour l'eau je fais bande à part, j'ai mes petites pastilles micropur, pas terrible mais indispensable ici pour moi. Pour le reste j'ai une totale confiance en eux. Pour le "vin", je suis trop fatigué, j'essaierai dans quelques jours. La mère nous sert et attends qu'on ait fini de manger pour se servir... très gênant mais c'est la coutume ici.

On va ensuite se coucher, Kaman ouvre le placard et allume la télé, les reportages américains ça casse un peu l'ambiance "bout du monde" mais l'orage rétablit très vite l'ambiance. Coupure de courant comme c'est très fréquent ici, on s'éclaire à la bougie, je préfère cette ambiance. Orage de mousson himalayenne à 2200 mètres, c'est impressionnant, mais au moins tant qu'il pleut il n'y a pas de moustiques.

 

Le lendemain réveil à 5h30, tout le monde s'active autour de nous, on traîne au lit, enfin sur notre planche, jusqu'à 8h puis on va se balader un peu dans le village et Kaman me montre ses champs. Tout le monde me regarde un peu bizarrement, il n'y a vraiment jamais d'étrangers ici...

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Il me montre les cultures de maïs sur les terrasses, récolté à la main...Transporté dans des grands paniers accrochés au front. Sous le maïs du mil.. "Vous avez du maïs en France ?". Je me rends compte de la différence, à quel point on est loin, à quel point tout est différent, oui oui on en a, mon meilleur ami doit avoir 80 hectares...Gênant...

 

Paysages magnifiques, je n'en reviens pas... comment ai-je pu arriver ici ? mes jambes me le rappellent... heureusement que j'ai pensé à l'Arnica montana...

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Oui, mes jambes se souviennent de la veille... surtout qu'on ne marche jamais sur du plat, voici l'escalier type ! Tous les chemins sont comme celui là, et encore là il n'y a pas d'eau qui coule dessus.

Je glisse souvent, pourtant j'ai de très bonnes chaussures de randonnée faîtes pour la montagne... Ils ont tous la même explication ici "tes chaussures ne sont pas faîtes pour la montagne, si tu veux on peut t'acheter des tongs..." "Euuuuuuuuh, non je ne préférerais pas me tordre la cheville ici, on est trop loin de Katmandou...".

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Quelques oiseaux comme ce Drongo cendré - Dicrurus leucophaeus

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ou ce Bulbul à joues blanches - Pycnonotus leucogenys

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ou encore ce Bulbul à ventre rouge - Pycnonotus cafer bengalensis.

Evidement je vous donne des noms mais sur place je n'avais aucune idée de ce que ça pouvait être n'ayant pas de guide ornitho local (je n'ose même pas imaginer la montée de la veille avec quelques kilos de livres en plus). Je me retrouve donc dans la situation des gens à qui j'ai l'habitude de faire des animations nature, je commence à les comprendre, je m'ouvre un peu. Depuis que j'ai 3 ans je me passionne pour la nature est apprends toujours plus, ça me paraissait toujours évident. Ce n'est pas juste beau, c'est une espèce, elle a un nom, un statut... Ici non, je redécouvre tout, c'est juste un bel oiseau coloré, son nom n'est pas important, je veux juste le voir, essayer de le comprendre un peu, rêver... il faudra que je m'en souvienne les prochaines fois quand j'animerai des sorties nature, tout le monde ne voit pas la nature du même oeil.

Cet oiseau par exemple, pour moi c'était juste naïvement un "merle huppé à cul rouge". Il a vraiment le même cri que nos merles noirs. Maintenant je suis curieux d'en apprendre plus, il est là dans son aire de répartition naturelle mais d'après l'UICN c'est une espèce invasive en Oman, Arabie Saoudite, Polynésie française, Fidji... enfin sur le moment, "merle huppé à cul rouge", ça me suffisait.

Et puis, et puis... le riz que j'ai mangé hier... il vient de ces champs là. Magnifique !

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Des rizières en étage, travaillées à la main, des sortes degrosses marches sur la montagne, d'un mètre cinquante à deux mètres de haut. Au bout de la marche, en haut du petit muret, une rangée de soja.

Je demande à Kaman de quand ça date ? "Je ne sais pas, mais c'est très vieux, du temps où quand on défrichait la forêt autour de sa maison, tout ce qu'on défrichait nous appartenait".

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D'autres espèces que je n'ai pas pu identifier pour l'instant, comme ces criquets, ou ce papillon.

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Pour d'autres j'ai encore des doutes comme ce Minivet rouge - Pericrocotus ethologus.

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Ici on dirait vraiment une Mésange charbonnière avec une huppe, c'est une Mésange à joues jaunes - Parus xanthogenys.

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Puis comme dans l'article précédent un Zostérops oriental - Zosterops palpebrosus.

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Bon, je vais me calmer un peu sur les détails de mes journées sinon plus personne ne va lire^^.

Le lendemain matin réveillé à 4h, encore plus tôt, mais par des gens qui courent un peu partout... Une femme a été emportée par le torrent, à l'endroit où j'ai pris ma douche le premier jour... je trouvais bien qu'il y avait beaucoup de courant. Elle a été retrouvée morte 20 mètres plus bas. Autant vous dire que les douches, je les ai pas mal espacées ensuite...

Enfin, c'est la vie...

Nous avons ensuite été à l'école, Francis m'a demandé de lui faire un rapport pour la maison des Himalayas, voir si on peut les aider. 400 enfants de 3 à 16 ans, A partir de 5 ans ils viennent de loin, enfin loin... j'ai fait la route qu'ils font chaque matin et chaque soir, hormis le fait que j'avais du mal à lutter contre le courant en traversant certains cours d'eau, j'ai mis 2 heures pour faire ce chemin...25

Si vous voulez les aider, dès que j'ai fini mon master je fais ce rapport et je vous tiens au courant de ce qu'on fait !

Ils ont surtout besoin d'ouvrir 2 nouvelles classes pour garder les jeunes jusqu'à l'université, de nouveaux livres et aimeraient avoir une petite salle informatique pour que les jeunes aient été au moins une fois à l'ordinateur avant d'arriver à l'université...

Visite guidée fort sympathique par le principal de l'école, devant toutes ces classes remplies d'enfants en uniformes "Good morning sir !". Je leur parle un peu anglais pour leur montrer que c'est important...

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Encore quelques Bulbuls à ventre rouge - Pycnonotus cafer bengalensis

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Puis nous partons faire une balade en montagne, je n'ai jamais pris une averse comme celle là^^. Chaussures trempées ! et j'ai vu mes premières sangsues népalaises, mais je vous en parlerai plus dans le 3ème article.

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On passe par le moulin où on fait la farine de maïs qu'on mange sous forme d'une purée très compacte. Tiens d'ailleurs comme je reviens sur les repas j'ai goûté leur "vin", c'est de l'alcool de mil mélangé à de l'eau, ça passe tout seul puisque c'est mélangé à l'eau, ça ne brule pas, mais à 2200 mètres ça tappe... je n'ai vraiment pas bu beaucoup^^. Sinon comme je suis là pour apprendre la vraie vie, j'ai eu le privilège de pouvoir tuer le poulet qu'on a mangé juste après, spécial à faire mais je voulais le faire, on respecte un peu plus ce qu'on a dans notre assiette après !

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J'en reviens à la balade, voici le Milan brun - Milvus migrans linaetus.

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34Paysages superbes quand même !

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On revient enfin au sujet des religions, ça me passionne, Kaman me parle d'Osso, un bouddha de la vallée. Il m'explique tout sur sa religion, bouddhiste chamaniste, passionnant. Il y a aussi quelques chrétiens chamanistes ici, j'ai plus de mal à comprendre comment les deux peuvent coller ensemble.

Il m'explique comment les chamanes sont choisis, comment se passe leur enseignement, les rites, les sacrifices... tout ! Si ça vous intéresse j'ai tout noté je peux tout vous raconter .

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On arrive devant cet endroit, sous la végétation un lac sacré, si on tombe dedans on donne nôtre âme aux Dieux et aux Démons. Personne ne vous juge, personne ne vous bannie mais vous mourez mystérieusement. C'est l'eau de cette source qui, conduite dans des tuyaux, est bue dans tous les villages en aval. Comme quoi les religions, qu'on trouve ça dépassé ou qu'on les stigmatise, c'est souvent utile. Le lac sacré n'est jamais souillé, personne n'est malade en buvant de l'eau.

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40Tourterelle tigrine - Spilopelia chinensis.

Le lendemain je me permets de demander s'ils savent où voir une effraie, "Barn owl". Ils comprennent bien "owl"... et me montrent un Grand-duc indien. Malheureusement, l'ornitho c'est nouveau ici, du coup évidemment il s'envole rapidement... Superbe obs quand même à moins de 10 mètres, dans cet arbre :

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42Partout des libellules, désolé je n'ai pas la clé de détermination des libellules népalaises elle restera donc sp pour l'instant.

Et enfin, désolé pour les aracnophobes, un couple d'araignées d'une dizaine de centimètres de diamètre (pattes comprises) dans les toilettes, sans lumière..^^ Pour moi c'est magnifique, mais je fais quand même attention dans le doute, je ne suis pas en France...

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Oui, la grande sauterelle verte fait la même taille qu'en France...^^

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Et je finirai par une photo que beaucoup préféreront à la précédente même si je n'ai pas encore identifié l'espèce.

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Beaucoup d'humain, un peu de naturaliste, quelques séances de relaxation seul sur mon rocher qui font un bien fou, à réfléchir sur tout ce que je vois, faire le point loin de tout (mais pas après la tombée de la nuit, interdit de sortir la nuit il y a des esprits..). Interdit mais je me sens quand même en sécurité, tout le monde fait attention comme si je faisais partie de la famille.

Pendant ce séjour très enrichissant nous avons fait une rando en montagne et dans la jungle, ça fera l'objet du dernier article !

Derniers moments étranges, tout d'abord la vie, la naissance d'un buffle chez les voisins. Ils tirent le premier lait, le caillent et tout le monde doit en mettre à son troisième oeil et en manger un peu... encore un rite chamanique qui a un effet positif, c'est le premier lait le meilleur pour la santé, comme chez l'Homme. Et puis la dernière image, c'est aussi la vie, un buffle abattu sous mes yeux à la hache, puis dépecé. Je ne suis pas végétariens alors je me force à regarder toute la scène pour prendre un peu plus conscience...

Retour chaotique en camion (sur la piste toujours bloquée, il passe quand même, ça secoue beaucoup et ça fait très peur^^). Juste ce qu'on a fait à pieds pour monter a pris 3 heures en camion puis une heure de marche quand même lui ne passe plus. On a ensuite récupéré un bus qui démarrait grâce à une grosse étincelle qui fumait vraiment..., puis un autre plus sécurisé et j'ai même eu une ceinture de sécurité ! Retour à Utse hotel, une bonne douche, je désinfecte toutes mes plaies (j'en parlerai dans l'autre article) et un bon lit avec un matelas après une semaine sur une planche.

 

Des souvenirs plein la tête, pas facile tous les jours mais je ne dirai jamais assez merci... Petite séance d'école de la vie...

la suite bientôt !

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Patrick 24/10/2012 16:41

Voila de bien belles choses sur ce blog !
:-)

tytothomas 24/10/2012 19:29



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