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Endémique !

Publié le par tytothomas

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Calotriton des Pyrénées - Calotriton asper

anciennement appelé Euprocte des Pyrénées - Euproctus asper

 

Une espèces endémique, c'est une espèce que l'on retrouve naturellement dans une aire géographique précise et uniquement dans cette aire géographique.

Ainsi, une espèce peut être dite "endémique" d'Europe, d'Amérique ou autre. Cependant, ce terme est le plus souvent utilisé pour définir une espèce qui ne vit que dans une toute petite entité géographique comme une île (Corse, Réunion...), une chaîne de montagne (Alpes, Pyrénées), une vallée ou même un ruisseau.

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Si cette espèce ne se trouve que dans une toute petite surface, c'est qu'une population a été isolée des autres individus de l'espèce par une barrière, qu'elle soit géographique (chaîne de montagnes isolée), physico-chimique (température particulière ou pH particulier à un endroit donné) ou comportementale (des individus choisissent d'autres proies ou ont un cri différent des autres de l'espèce). Ces individus isolés se reproduisent alors entre eux et du fait de leur petit nombre évoluent plus vite et s'adaptent aux contraintes du milieu. Avec le temps, la population isolée et la population source divergent trop pour pouvoir se reproduire entre elles. Une fois cette étape franchie, les 2 populations deviennent 2 espèces distinctes.

 

Dans les Pyrénées, on retrouve ainsi de nombreuses espèces endémiques, de véritables trésors que l'on ne rencontre que là. Certains diront que ces espèces trop spécialisées sur un milieu ou un territoire sont vouées à disparaître. Sur certaines îles il suffit d'une éruption volcanique pour éradiquer une espèce endémique, un tout petit changement de température, de pH ou tout simplement l'arrivée d'un prédateur peut également faire disparaître une espèce. C'est souvent le cas et parfaitement naturel. C'est le cycle de la nature, certaines espèces disparaissent, laissant des niches écologiques vides pour que d'autres espèces puissent apparaître, dans une évolution jamais figée.

Nous devons donc accepter sans lutter qu'une espèce disparaisse naturellement puisque c'est ainsi que le veut la nature.

En revanche, cela n'est en rien naturel si elle disparaît directement par notre faute ou indirectement si nous détruisons son milieu ou si nous introduisons une espèce prédatrice ou un pathogène. Nous avons une forte responsabilité concernant la conservation des ces espèces hautement patrimoniales. Si le héron gardeboeufs que nous avons vu récemment dans ce blog disparaît de France, ce serait grave, mais il en resterait ailleurs, il pourrait revenir en France, naturellement ou par réintroduction. En revanche, si le Calotriton des Pyrénées venait à disparaître des Pyrénées, l'espèce disparaîtrait à jamais. Il est donc primordial de prendre en compte cette espèces dans l'aménagement des ruisseaux pour qu'elle survive, pour transmettre ce patrimoine aux générations futures.

Nous devons limiter voir éviter tout impact sur sa conservation afin qu'il puisse évoluer naturellement, sans interférence, que ce soit vers une autre espèce, vers plusieurs espèces ou vers une disparition naturelle.

 

Voici donc le Calotriton des Pyrénées, que j'ai eu la chance de rencontrer la semaine dernière à Louvie-Juzon (64), dans le cadre du suivi effectué par Jordi Estebe, stagiaire de BTS Gestion et Protection de la Nature au Parc National des Pyrénées.

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Cet urodèle à la peau rugueuse peut mesurer de 10 à 16 centimètres. Il est brun ou gris uniforme sur le dessus avec une ligne médio-dorsale jaune, principalement chez les jeunes et le ventre est jaune-orangé tacheté de noir chez les mâles et orange à rougeâtre sans taches chez les femelles.

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On le rencontre dans les ruisseaux très oxygénés d'altitude, parfois même dans des rivières souterraines (grotte du Siech). L'adulte est principalement aquatique alors que les jeunes sont souvent terrestres. On peut l'observer de 500 m à 2500 m sur le versant français et à partir de 140 m sur le versant espagnol.

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Il n'est pour l'instant pas menacé sur la chaîne des Pyrénées, espérons que ça dure !

 

Un peu de biblio pour ceux que ça intéresse, que je vous recommande :

- Cistude Nature (coordinateur Matthieu Berroneau) 2010 - Guide des Amphibiens et Reptiles d'Aquitaine, Association Cistude Nature, 180p, pp 30-31

- ACEMAV coll., Duguet R & Melki F. ed., 2003 - Les Amphibiens de France, Belgique et Luxembourg, Collection Parthénope, éditions Biotope, Mèze (France), 480p, pp 268-271

 

à bientôt !

Commenter cet article

Etnies 19/03/2012 18:50

Article sympa. Attention, les critères mâle/femelle sont surtout la forme de la queue et du cloaque, pas tellement la couleur qui change pas mal dans le temps. Cela dit, chez les femelles la
couleur sous la queue est souvent plus éclatante.

Jordi 19/03/2012 18:33

Magnifique tes photos Thomas! Elles vont embellir mon rapport ;) Et bravo pour ce petit article fort bien rédigé.